< La Vie amoureuse de madame de Pompadour

Ernest Flammarion, éditeur (p. 33-48).


IV


Et maintenant le Roi est seul ; il est à prendre. Dans ce lourd ennui qui succède au désespoir des premiers jours, les femmes guettent l’heure inévitable où il cherchera, près de l’une d’elles, la seule ivresse qui le divertira de son chagrin. Richelieu, sournoisement, manœuvre pour gagner Mme de Flavacourt ; elle se refuse, indignée, mais Mme de Brionne, Mme de la Popelinière, Mme de Rochechouart s’offrent impudemment. Louis XV, le plus méfiant et le plus dissimulé des hommes, redoute ces ambitieuses dont la fausse tendresse n’est qu’un moyen de parvenir. Il sait que la légende des grandes favorites, d’une Montespan, mère d’enfants légitimes et quatorze ans « vice-reine », hante ces dames orgueilleuses, et que les maîtresses titrées vendent leur honneur contre des honneurs. Il ne veut pas s’embarrasser d’une femme qui demandera insatiablement des charges, des bénéfices, des pensions pour elle et pour sa famille. Peut-être y a-t-il dans son cœur — abîme d’égoïsme et de contradictions — quelque regret de l’amour désintéressé que Mme de Mailly lui a fait connaître et qu’il a récompensé par l’ingratitude ; peut-être aussi, le désir d’être homme plutôt que Roi pour une favorite obscure qui, n’ayant rien à espérer, ne gênerait point. Sortie du néant, elle rentrerait dans le néant, sur un mot du maître, et si, par hasard, elle s’éprenait de lui, sa passion, tout humble et tout adorante, donnerait un ragoût à la volupté sans se hausser jusqu’à l’exigence. Louis XV rêve sans doute, vaguement, de ces esclaves de harem, de ces sultanes élues qui ne sont rien de plus que de belles chattes familières. Sa curiosité va vers la bourgeoise, la jolie femme de Paris, dont le règne commence dans la société française. Par les rapports de police et les indiscrétions de la poste, il connaît la vie privée de ses sujettes, leurs liaisons et leurs aventures. Il en parle, le soir, à son valet de chambre Binet. Et dans cette liberté du coucher, où le Roi se laisse aller à d’étranges confidences, Binet raconte ce qu’il sait de Paris et des Parisiennes : il nomme — sans la proposer comme on l’a dit — et par hasard, sa cousine, Mme d’Étiolles, qui souhaite, pour son mari, une place de fermier général… Mme d’Étiolles, « la dame en rose » de la forêt de Sénart ! Devant les yeux pensifs du Roi, une gracieuse figure passe, emportée dans le phaéton bleu, sous les arbres d’or et de cuivre. Cette « petite d’Étiolles » qui inquiétait la pauvre Châteauroux, cette protégée de l’intrigante Tencin, cette jeune beauté si mal née, si bien instruite, qui enchante les salons de la finance, elle n’a pas d’amant, pas encore… Vertueuse ? Ce serait trop dire. Elle prétend se garder, n’être qu’à son mari — sinon au Roi de France, qu’elle aime sans espoir… » Cette idée amuse le Roi… Une « petite d’Étiolles », cela ne compte guère. On peut la cueillir, si elle se présente en solliciteuse, et l’honorer d’un caprice sans lendemain…


Bientôt, les gens informés chuchotent… Quelle est la femme mystérieuse qui a été introduite par Binet dans les « intérieurs » de Versailles ? Est-ce la même dont parle le duc de Luynes, racontant un bal masqué chez Mesdames ? « On prétend que le Roi fut, il y a quelques jours, à un bal en masque dans la ville de Versailles. On a même tenu, à cette occasion, quelques propos de galanterie, et l’on croit avoir remarqué qu’il dansa hier avec la même personne dont on avait parlé. Cependant, c’est un soupçon léger et peu vraisemblable. Le Roi paraissait avoir grand désir, hier, de n’être point reconnu. »

Ces bals travestis, c’était la revanche de la fantaisie contre l’ennui de la vie de cour ; c’était l’oubli de la hiérarchie et de l’étiquette, l’illusion, pour le Roi, d’être, sous le masque, un simple particulier. Il allait, déguisé, où il ne se fût jamais montré, à visage découvert, dans sa majesté souveraine : à des bals privés, à des bals publics, et même au bal de l’Opéra, en payant sa place comme tout le monde. Quelques amis seulement l’accompagnaient. Dans ces fêtes, le Roi, mal gardé, nullement défendu, aurait pu être, pour un Damiens, une proie facile… Il n’y songeait pas. Lui, si méfiant, il se fiait à l’amour du peuple, au vieux pacte de fidélité qui liait encore la France aux Bourbons.

Or, jamais la liberté ne fut plus grande qu’aux fêtes de 1745 lorsque le Dauphin épousa l’Infante Marie-Raphaelle. La nuit du 27 février, les grilles du Château s’ouvrirent pour laisser pénétrer dans l’avant-cour deux interminables files de carrosses. Les invités de Louis XV descendaient devant l’escalier de marbre, et n’étaient contrôlés que par des huissiers debout derrière une barrière en bois de chêne. Point de billets. Il suffisait qu’une seule personne, le masque enlevé, donnât son nom et les noms de ceux qui l’accompagnaient. À minuit, la foule déborda les barrières et submergea les huissiers. Paris était dans le Château, et sous l’étincellement des lustres, entre les boiseries dorées et les hautes glaces qui avaient reflété les cérémonies réglées comme des ballets et les fastes du Roi-Soleil, ce fut la plus étonnante cohue.


Regardez l’estampe de Cochin, qui a fixé pour la postérité le tumulte et la bousculade de cette nuit. L’artiste a interprété son sujet dans un sens gracieux et noble. Il a bien montré une bande qui soupe, assise sur le parquet, mais il a éliminé ces gens de mauvaise compagnie, bourgeois et tout petits bourgeois, dont le sans-gêne offensait si fort la princesse de Conti. Les danseurs masqués ou démasqués, Arlequins, Pierrots, Scaramouches, Persans aux longues robes, Turcs aux larges turbans côtelés, Indiens, nécromants, bergères, nymphes, déesses, tout le Lignon et tout l’Olympe, toutes les grandes Indes et toute la Chine, mêlent leurs couleurs éclatantes, leurs formes bizarres, leurs gestes enivrés, leurs pas qui s’affolent, leurs intrigues qui se croisent, leur gaieté qui monte et pétille comme le vin de Champagne versé par les pages du Roi. Les lustres sont des grappes de cristal et de lumière ; les girandoles fleurissent de feu les murs ornés de trophées et d’emblèmes. Dans la profondeur des fenêtres, les gradins, les estrades, semblent des espaliers de fruits multicolores. L’air surchauffé, alourdi par l’odeur de la cire et les parfums du bal, est traversé de frissons et de bourdonnements. Mille abeilles musicales s’envolent des harpes, des flûtes, des violons, essaims enragés dont la vibration entraîne la foule. Et les grandes statues solennelles, blanches parmi l’orgie des lueurs et des couleurs, contemplent la folie de cette nuit de leurs yeux tranquilles.

Une porte s’ouvre. Il y a un remous dans la masse tourbillonnante, puis un arrêt. Les têtes poudrées et scintillantes s’inclinent… Ceux qui ne voient pas poussent les spectateurs favorisés. Qu’y a-t-il ?… Qui fait cette entrée triomphale dans le pays de la Fantaisie ?… Le Roi ?… Oui, sans doute, le Roi !… Les femmes se précipitent. Elles veulent le voir et surtout être vues de lui… N’a-t-on pas dit qu’il cherchait une Vénus à qui donner la pomme d’or ? Bien des cœurs faciles s’émeuvent sous les dominos. Le flot soyeux des jupes larges, le piétinement nerveux des petits souliers entourent le cortège qui s’avance… Voici la reine Marie, aimable sans beauté, et, bien avant l’âge vieille dame délicieuse, appuyée sur le bras de son chevalier d’honneur ; voici le petit couple princier, les époux adolescents, héros de la fête, le Dauphin et la Dauphine, travestis, lui, en jardinier, elle, en bouquetière… Voici le duc et la duchesse de Chartres… Mais le Roi… ? Il n’est pas dans le cortège… Et les curieuses, déçues, refluent lentement sur le passage de la Reine qui ne les intéresse point.

Cependant, par une autre porte, d’étranges formes sombres arrivent. On dirait que les jardins marchent à la conquête du Château. Huit grands arbres, des Ifs taillés, tout ronds, avec de grosses têtes en boule, processionnent gravement parmi les danseurs. Cherchent-ils leurs hamadryades qui ont fui les quinconces pour aller au bal ? Sont-ils des dieux métamorphosés ou des héros enchantés par un magicien ? Dans leur noire verdure, on distingue des traits grotesques, les fentes des yeux et de la bouche. « Je te connais, bel arbre, je te connais ! » murmurent les nymphes et les bergères. Le bruit court que le Roi se cache sous ce travestissement végétal… N’est-ce pas lui qui cause avec la petite Mme d’Étiolles ?… La Présidente Portail, fameuse par son audace libertine, voudrait bien dire, en toute certitude à l’If royal : « Je te connais ». Elle s’attache à lui, le perd dans la foule, le retrouve, l’agace, et après un bref colloque, consent à suivre la grosse boule verte qui s’incline comiquement vers elle… Tant pis pour Mme d’Étiolles !… Ce n’est pas elle qui remplacera Mme de Châteauroux…


L’If et la Présidente ont gagné secrètement l’antichambre de l’appartement du Roi. L’homme masqué ouvre une porte, pousse la belle toute émue dans un petit logement obscur qui est celui du premier valet de chambre du Roi. Ils sont en sûreté, seuls et libres, et enhardis par les ténèbres. La Présidente ne se défend pas : elle est trop heureuse d’être vaincue, et parmi le froissement du feuillage et le murmure des baisers, elle songe au dépit des autres femmes, demain… Elle ne demande que des promesses en échange des réalités qu’elle prodigue. L’If promet tout ce qu’elle veut. Un peu décoiffée, un peu chiffonnée, un peu lasse et très fière, elle quitte la chambre noire, rentre avec son vainqueur dans le bal… Ô ciel ! qu’est cela ? Dans un groupe de gentilshommes, le Roi Louis XV, non masqué, traverse le salon de l’Œil de Bœuf. L’If maudit quitte le bras de la Présidente, éclate de rire et disparaît.

La pauvre dame en est pour sa courte honte, et comme les Ifs des bals de Versailles sont aussi indiscrets que les roseaux du roi Midas, tout Paris apprendra cette aventure, ainsi que le nom du héros qui est M. de Briges, le « bel homme », écuyer du Roi et grand ami de Mme d’Étiolles.

Celle-ci, qui est au bal depuis le premier moment, et qui savait trouver le Roi de France dans le Roi des Ifs, a gardé son domino de soie rose pour intriguer Louis XV. Il l’a devinée, rien qu’à la voix, rien qu’au parfum. Il l’a pressée de se démasquer : elle a consenti, mais en imitant la fuite de Galathée. À peine le capuchon rabattu a-t-il découvert le joli visage de la dame de la forêt, que la belle s’est enfuie, laissant tomber aux pieds du Roi un petit mouchoir de dentelle. Louis XV le ramasse, cherche Mme d’Étiolles, l’aperçoit de loin et lui lance adroitement le chiffon symbolique. Un murmure s’élève : « Le mouchoir est jeté… » Et pendant que le Roi va se délivrer de son habit trop lourd, la dame en rose, tremblante de son triomphe, demande sa voiture et s’en retourne à Paris.

À quoi songe-t-elle en regardant, par les glaces du carrosse, le Château tout illuminé s’éloigner dans la nuit d’hiver ? Se dit-elle qu’elle y rentrera un jour, par la grande porte, en maîtresse déclarée et non plus en solliciteuse furtive ? Se souvient-elle de ses origines pour mesurer son élévation et de son mari pour en repousser l’image triste et gênante ? Pense-t-elle à la prédiction de la sorcière qui lui annonça qu’elle serait « presque reine » ? Est-elle troublée, non dans sa chair frigide, mais dans son cœur ignorant de l’amour ? Du remords, elle n’en a pas, puisqu’elle est sûre d’accomplir sa destinée, puisque l’heure qui sonne et qui décide de tout son avenir était marquée depuis son enfance, et que les années de sa jeunesse n’ont servi qu’à préparer cette heure-là ? Aucun scrupule religieux ne l’embarrasse ; ni sa mère, ni son oncle Tournehem, ni ses amis les philosophes, ne la détourneront de son extraordinaire fortune. Personne ne prendra le parti de M. d’Étiolles contre le caprice du Roi. Heureuse, respirant sous la dentelle de son capuchon le parfum du mouchoir froissé par la main royale, « Reinette » savoure l’émotion qui lui vient du Roi et de l’amant ; mais comme elle a les sens rétifs et la tête froide, elle n’est pas assez enivrée pour oublier d’être habile. Elle devine que le Roi est séduit, non pas asservi. Elle calcule les gages qu’elle accordera et ceux qu’elle demandera. Que dirait-elle si elle savait que, cette même nuit, Louis XV a remarqué une autre femme, une jeune fille, parente de l’abbé de Bernis, et qu’il lui a donné un rendez-vous — comme à Mme d’Étiolles et à quelques autres — au bal de la Ville de Paris, qui clôturera les fêtes du mariage ?

Le Roi avait reçu Paris dans son château. Paris, à son tour, recevait le Roi dans la maison communale, le vieil Hôtel de Ville, qui n’était plus qu’une immense salle de bal. Au dehors, grouillait et bruissait le peuple, mis en joie par les illuminations, par les orchestres en plein air, par les distributions de viande et les fontaines de vin. Les badauds, traînant des enfants selon la coutume parisienne, allaient de la place Louis-le-Grand, ornée de galeries en treillage, à la galerie peinte de paysages qui traversait le Carrousel ; de la rue de Sèvres, décorée de pampres, à l’arc de triomphe de la place Dauphine. Le Roi devait garder l’incognito et réserver à M. le Dauphin l’honneur de la réception officielle. Pour admirer l’héritier du trône, les invités du Prévôt des Marchands risquèrent un écrasement épouvantable. La bousculade, l’envahissement de l’Hôtel par toutes sortes de gens conviés et non conviés furent tels que les vingt-quatre gardes du Dauphin eurent peine à dégager le Prince et à lui frayer un chemin vers son carrosse. Un Mac-Nab du temps nous a laissé la comique vision de ce bal de l’Hôtel de Ville qui semble avoir créé une tradition pieusement conservée jusqu’à nos jours.

« Il y a eu, raconte l’avocat Barbier, une foule et une confusion de monde terribles. On ne pouvait descendre ni monter les escaliers. On se portait dans les salles, on s’y étouffait, on s’y trouvait mal. Il y avait six buffets mal garnis ou mal ordonnés ; les rafraîchissements ont manqué dès trois heures après minuit. Il n’y a qu’une voix à Paris pour le mécontentement de ce bal.

« Après avoir marqué tant de difficulté et de délicatesse pour le choix de ceux qui devaient prendre part à la fête, il faut qu’il ait été donné non seulement des billets sans nombre, mais à toutes sortes de gens sans mesure, et sans doute à tous les ouvriers et fournisseurs de la Ville, car il y avait nombre de chienlits ».

Le Dauphin, tiré de cette pétaudière, roulait sur le chemin de Versailles, quand, à Sèvres, il croisa le carrosse du Roi. Louis XV, en domino noir, venait… du bal public de Versailles, où il était allé pour tuer le temps avec quelques familiers. Il lui en avait coûté un écu. Le Dauphin dut faire à son père une horrifique description de l’Hôtel de Ville, car Sa Majesté s’en fut tout bonnement à l’Opéra, où elle paya son entrée et dansa deux contre-danses. Un peu plus tard, en simple fiacre — comme fit plus tard Marie-Antoinette — le Roi et sa compagnie allèrent à l’Hôtel de Ville. Louis XV n’y rencontra pas la jolie parente de l’abbé de Bernis que sa famille avait prudemment gardée au logis, mais il y rencontra Mme d’Étiolles. Elle était, comme le Roi, en domino noir, et dans le plus grand désordre, ayant été poussée et repoussée par la foule. De la jeune fille absente il ne fut plus question. Si le Roi en avait quelque regret, Mme d’Étiolles l’en consola bien vite. Ils allèrent se remettre un peu dans le cabinet du Prévôt. Après un entretien des plus tendres et sans doute quelques privautés légères qui firent désirer au Roi d’autres faveurs, le couple amoureux, escorté par le duc d’Ayen, quitta l’Hôtel de Ville. Certains ont cru que Louis XV emmena sa belle à Versailles : Mme d’Étiolles était trop fine pour ne pas se défendre un peu. Se donner sans conditions dans l’éblouissement du premier baiser, c’est le fait d’une femme très sensuelle ou très naïve ; ce n’est pas le fait d’une Mme d’Étiolles, qui a la tête froide, qui sait bien ce qu’elle veut et où elle va.


— Où dois-je vous conduire ? demanda Louis XV.

— Chez ma mère.

Suprême habileté ! L’aventure change de caractère. Le Roi n’a plus le sentiment que la « petite d’Étiolles » est une rose à cueillir, d’un geste négligent. Elle sauve une apparence de dignité : elle se farde d’une pudeur qui la rend désirable. Eh bien ! le Roi la reconduira chez sa mère. Du coup, l’éternel ennuyé ne s’ennuie plus. Il oublie Versailles et le Dauphin qui goûte, à cette heure, les chastes joies de l’amour légitime. Il oublie la cohue de l’Hôtel de Ville, et M. le Prévôt, et les corvées du métier de Roi. Dans le fiacre où il presse la jeune femme contre lui, malgré la présence du duc d’Ayen, il se divertit à jouer le rôle d’un amoureux de comédie. Il redevient jeune ; il devient gai. Le fiacre avance péniblement. Aux carrefours, des sergents l’arrêtent. Le Roi s’étonne… Comment ? On ne passe pas ?… Que le cocher enlève donc son cheval ! Le cocher se récrie. Il ne veut point d’affaire avec les sergents. Louis XV dit au duc d’Ayen :

— Donnez-lui un louis. Il passera.

— Un louis ? Votre Majesté doit s’en garder ! Demain, la police sera instruite, fera des recherches, saura où nous sommes allés. Il suffira d’un écu de six livres.

Il suffit. À la barbe des sergents, les chevaux entraînent la voiture, et le Roi de France ramène sa future maîtresse, comme une demoiselle très sage, chez sa maman.

Puis il retrouve son carrosse, regagne Versailles où il arrive à huit heures et demie du matin, pour changer d’habit, entendre la messe obligatoire et s’aller coucher. À cinq heures après-midi, il dormait encore.

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