< Correspondance de Voltaire < 1756
Correspondance : année 1756
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 38p. 539-540).

3104. — À M. LE CONSEILLER TRONCHIN[1].
À Monrion, le 29 janvier 1756.

Mon très-cher confrère, le secret du bonhomme Denis de voyager à califourcbon sur un rayon du soleil ayant été perdu, et nos chevaux étant occupés à nos Délices, il n’y a pas encore eu moyen de venir vous voir. Il est vrai que, ne pouvant dormir, je me suis avisé de veiller ; mais cela ne me sied pas, et j’en suis un peu puni. Je vous remercie, mon charmant confrère, de la complaisance d’Esculape ; c’est à vous que j’en ai l’obligation. Toute la tribu Tronchin est bienfaisante. Présentez, je vous en supplie, au docte docteur, au plus aimable des hommes, les sentiments de ma tendre reconnaissance. Est-il vrai que le landgrave de Hesse a mis son fils catholique aux arrêts ? Le voilà confesseur et martyr. La nouvelle de la lettre de M. Rouillé[2] à lui renvoyée bien proprement recachetée est-elle bien vraie ? La guerre est donc sérieuse. Je voudrais que le tremblement de terre eût englouti cette misérable Acadie, au lieu de Lisbonne et de Méquinez.

  1. Éditeurs, de Cayrol et François.
  2. Ministre des affaires étrangères.
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