Code de Lipit-Ishtar

Le Code de Lipit-Ishtar (ou les lois de Lipit-Ishtar) est un recueil législatif de la Mésopotamie ancienne, rédigées durant le règne de Lipit-Ishtar (vers 1934-1924 av. J.-C.), roi de la cité d'Isin qui dominait alors une grande partie du sud de la Mésopotamie. Ce texte a été rédigé en sumérien, langue littéraire de l'époque, bien qu'elle ne fût alors sans doute plus parlée. Il s'agit du deuxième plus ancien recueil législatif mésopotamien connu, après le Code d'Ur-Nammu, lui aussi rédigé en sumérien.

Copie d'une tablette du code de Lipit-Ishtar, mise au jour à Nippur.

Le recueil de lois de Lipit-Ishtar peut être qualifié de « Code » car il comporte un prologue et un épilogue encadrant les dispositions législatives, tout comme le Code d'Ur-Nammu et le Code de Hammurabi, son plus illustre successeur. Ce texte est connu par un peu plus d'une douzaine de fragments de tablettes scolaires, la plupart exhumés à Nippur, l'un des plus prestigieux centres intellectuels sumériens, et également une ville importante pour l'enseignement du droit ; d'autres exemplaires proviennent sans doute de Kish et de Sippar.

Le prologue et l'épilogue font de ce texte une inscription à la gloire de Lipit-Ishtar, dont les mérites sont vantés. Le prologue explique comment le roi fut choisi par les grands dieux sumériens pour régner, comme le veut l'idéologie mésopotamienne, et comment il se vit assigner pour tâche de faire triompher la justice et l'harmonie sociale, après avoir rétabli la liberté des habitants des cités de Sumer et d'Akkad et l'ordre. L'épilogue commence par une louange renouvelée au sens de la justice du roi, illustré par les lois, et s'achève par des malédictions proférées contre ceux qui altéreraient l’œuvre du roi. On y apprend également que le texte était à l'origine inscrit sur une stèle, tout comme le Code de Hammurabi.

Les « lois » connues actuellement sont un peu moins de 50, mais une grande partie du texte est sans doute perdue. Il ne s'agit pas de lois au sens moderne du terme, mais plutôt de décisions de justice rendues par le roi qui ont été mises par écrit et compilées pour ensuite servir d'exemple au cours de futures affaires. Elles traitent différents sujets, qui se retrouvent dans les autres recueils législatifs mésopotamiens : locations d'animaux, de champs ou de bateaux, affaires familiales (héritage, adoption, mariage), faux témoignage, esclaves fugitifs.

Bibliographie

  • (en) M. Roth, Law Collections from Mesopotamia and Asia Minor, Atlanta, , p. 23-35
  • M.-J. Seux, Lois de l'Ancien Orient, Paris, , p. 19-22
  • (en) R. Westbrook, « Old Babylonian Period », dans R. Westbrook (dir.), A History of Ancient Near Eastern Law vol. 1, Leyde, , p. 361-430
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