Anticancéreux

Un anticancéreux ou antinéoplasique est un médicament destiné à bloquer la prolifération des cellules cancéreuses - le néoplasme désignant une tumeur ou un cancer. Toutefois, la plupart des antinéoplasiques ne sont pas des médicaments à effet spécifique sur les cellules néoplasiques étant donné qu'ils touchent également les cellules saines[1].

Les antinéoplasiques regroupent plusieurs dizaines de médicaments, dont les agents alkylants, les antimétabolites, les agents intercalants et les antimitotiques[2].

Antimétabolite

Antifolique

Antipurique

Antipyrimidique

Autres antimétabolites

Agent alkylant

Moutarde azotée

Nitroso-urée

Organoplatine

Éthylène imine

  • Thiotépa
  • Altrétamine

Amide Imidazole

Autres agents alkylants

Agent intercalant

Dérivé de la camptothécine

Anthracycline

Autres agents intercalants

Molécule ayant une action sur le fuseau mitotique

Vinca-alcaloïde : poison du fuseau

Taxoïde : stabilisant du fuseau

Inhibiteur de tyrosine kinase

Inhibiteur du VEGFR

Inhibiteur de l'EGFR

Inhibiteur de la protéine de fusion BCR-Abl

Inhibiteur de la sérine-thréonine kinase RAF

  • Sorafenib
  • Regorafenib

Inhibiteur de la sérine-thréonine kinase MEK

  • Cobimetinib
  • Tramétinib

Inhibiteur de la sérine-thréonine kinase mTor

Autres inhibiteurs de tyrosine kinase

Anticorps monoclonal

Les anticorps monoclonaux anticancéreux rentrent dans la catégorie des thérapies ciblées. Ils peuvent avoir un effet cytolytique en fixant une cible membranaire ce qui permet l'activation du complément ou le recrutement de cellules immunitaires cytotoxiques. Certains ont un effet neutralisant, empêchant alors la fixation du ligand à son récepteur.

Anti-VEGF

Anti-EGFR

Anti-HER2

Anti-CD20

Autres anticorps monoclonaux

Virus

Certains virus infectent préférentiellement les cellules cancéreuses (ou ces cellules sont plus vulnérables à l'infection par ces virus) en épargnant les cellules saines, ce qui explique certaines rémissions inattendues et soudaines de cancers après une infection, observées par des médecins depuis les années 1800.

En 2005, les autorités chinoises ont approuvé l'usage d'un adénovirus oncolytique (dit "H101") contre le cancer de la tête et du cou, après que le traitement ait expérimentalement été démontré efficace pour améliorer le taux de survie des patients traités.

En 2015, un virus génétiquement modifiés (virus oncolytiques) T-VEC (pour « talimogene laherparepvec ») peut aider le système immunitaire à cibler les cellules cancéreuses. Ce virus de l'herpès est génétiquement modifié (par ajout d'un gène codant une protéine qui stimule le système immunitaire) pour provoquer une réponse immunitaire contre le mélanome avancé. Il a aussi été modifié pour provoquer une forme très fortement atténuée d’herpès. Le , il est devenu le premier traitement de ce type approuvé aux États-Unis par la FDA, quatre jour après une approbation par l'Agence européenne du médicament[3]. Selon les premiers résultats d'essais, la survie des patients traités a été améliorée en moyenne de 4,4 mois, après injection du virus directement dans une tumeur, et ensuite les autres tumeurs régressent ou progressent moins vite, ce qui prouve que le système immunitaire a réagi. La combinaison de l'injection du virus avec une immunothérapie ciblant le cancer pourrait améliorer l'efficacité de l'immunothérapie[3]. On cherche un moyen de mieux atteindre (systémiquement, c'est-à-dire dans tout le corps) les cancers et leurs métastases, afin que le virus détruisent les cellules cancéreuses, avant qu'il ne soit lui-même éliminé par le système immunitaire[3]. La combinaison de plusieurs virus, éventuellement non-humains (ex Poxvirus de la stomatite bovine), ou l'utilisation d'un virus capable de se cacher dans certaines cellules sanguines, échappant ainsi au système immunitaire sont des solutions également étudiées[3].

Phénomènes d'inhibition de l'efficacité médicamenteuse

Pour des raisons mal comprises, certains médicaments sont plus ou moins actifs et efficaces selon les personnes.

Dans certains cas, l'explication est connue. Par exemple, une surexpression des métallothionéines, telle qu'on en observe après intoxication par des métaux lourds, inhibe tout un sous-ensemble de médicaments anticancéreux cliniquement importants et parmi les plus utilisés (le cisplatine (cis-diaminedichloroplatine(II)) et des agents alkylants tels que le chlorambucil ou le melphalan[4]). On a confirmé cette explication par le fait que des cellules transfectées via un vecteur viral contenant de l'ADN humain codant la métallothionéine-IIA deviennent résistantes au cis-diaminedichloroplatine(II), au melphalan et au chlorambucil (mais non au 5-fluorouracile ou à la vincristine)[4].

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Michael Neal, Pharmacologie médicale, Louvain-la-Neuve, Deboeck, , 116 p. (ISBN 978-2-8073-0611-0, notice BnF no FRBNF45333636)

Références

  1. http://www.pharmacorama.com/therapeutique/antineoplasiques-anticancereux.php
  2. http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/dico/d/medecine-antineoplasique-2989/
  3. Ledford H (2015) Cancer-fighting viruses win approval US regulators clear a viral melanoma therapy, paving the way for a promising field with a chequered past. Nature ; vol 526, n°7575, publié 28 10 2015 ; doi:10.1038/526622a
  4. A Basu, BA Teicher, MP Hacker, DH Hamer et JS Lazo, Overexpression of metallothionein confers resistance to anticancer drugs, Science 1988/11/30: vol. 241, no4874, pp. 1813-1815, DOI:10.1126/science.3175622 SL Kelley. (Résumé)
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