Fuligo septica

Fuligo septica ou Fleur de tan est une espèce de myxomycètes pluricellulaires, de couleur jaune orangé, assez fréquente dans les sous-bois humides. Son nom lui vient du terme celtique tan, désignant le chêne, sur le tronc duquel elle se développe fréquemment.

Fleur de tan

Fuligo septica
Photographie de la Fleur de tan, Fuligo septica
Classification selon MycoBank
Règne Protozoa
Embranchement Myxomycota
Classe Myxomycetes
Ordre Physarales
Famille Physaraceae
Genre Fuligo

Espèce

Fuligo septica
(L.) F.H.Wigg., 1780

Cet organisme a une distribution mondiale. Ses spores sont produites sur des sporocystes et disséminées par le vent.

Histoire et taxonomie

La première description de cette espèce a été faite par un botaniste français du nom de Jean Marchant en 1727. Il lui donna le nom de Fleur de tan et la classa dans le groupe des éponges[1]. Son nom actuel a été donné par le botaniste allemand Friedrich Heinrich Wiggers en 1780.

Description et habitat

Plasmode de Fuligo septica

Comme de nombreux myxomycètes, les cellules de cet organisme s’agrègent pour former un plasmode se déplaçant par des mouvements amiboïdes à la recherche de nutriments. Le plasmode de F. septica peut adopter des couleurs allant du jaune au gris[2], avec une taille allant de 2,5 à 20 cm de diamètre, et 1 à cm d'épaisseur[3]. Le plasmode peut, dans certaines conditions, se transformer en aethalium ressemblant à une éponge. Cette structure, ayant la même fonction que la fructification des champignons, se mélanise (devient noire) et relargue des spores également mélanisées. Cette espèce est connue pour utiliser des insectes de la famille des Lathridiidae pour la dispersion des spores[4].

Fuligo septica croît en abondance après de fortes pluies sur le bois en décomposition (saprotrophe lignicole), notamment les troncs, les branches, mais aussi sur les tapis de feuilles mortes et d'autres substrats comme par exemple la partie inférieure des plantes vivantes (racines ou feuilles de végétaux), le tan (l'écorce de chêne) et particulièrement sur les débris d'écorces[5],[6].

Plasmode jaune

Pathogénicité

Cette espèce interagit peu avec l’homme, mais peut dans certains cas causer de l’asthme ou des rhinites allergiques chez les personnes sensibles[7],[8].

Resistance aux métaux toxiques

Les myxomycètes présentent une grande résistance aux métaux. Un auteur écrivit même  : « Le niveau de zinc chez Fuligo septica est si élevé (4000–20000 ppm) qu’il est difficile d’imaginer qu’un organisme puisse le tolérer. »[9] La résistance aux concentrations très élevées de zinc semble propre à F. septica[10]. Le mécanisme par lequel F. septica résiste aussi bien aux métaux n’est pas connu  : il a cependant été montré que le pigment jaune produit par Fuligo appelé fuligorubine A pouvait avoir une activité de chélation des métaux et ainsi les convertir en une forme inactive[11].

Composés actifs

Des extraits de F. septica présentent une activité antibiotique sur Bacillus subtilis et Candida albicans ainsi qu’un effet cytotoxique sur les cellules KB (une lignée cellulaire dérivée d’un carcinome du nasopharynx)[12].

Le pigment de Fuligo septica (fuligorubine A) pourrait également être actif dans la photoréception et dans les processus de conversion énergétiques[13].

Liste des variétés

Selon NCBI (12 juin 2013)[14] :

  • Fuligo septica, forme blanche ("vomi de chien") s'étalant sur de la terre de jardin fraîchement bêchée, à partir d'un tas de fumier de goémon.
    variété Fuligo septica var. candida
  • variété Fuligo septica var. flava
  • variété Fuligo septica var. rufa

Références

  1. (en) Ainsworth GC., Introduction to the History of Mycology, Cambridge, UK, Cambridge University Press, , 1re éd., 359 p. (ISBN 978-0-521-21013-3, LCCN 75021036, lire en ligne), p. 60
  2. Kambly PE. (1939). The color of myxomycete plasmodia. Botany 26(6): 386–390.
  3. (en) « Fuligo septica » (consulté le 8 décembre 2008)
  4. Blackwell M, Laman TG. (1982). Spore dispersal of Fuligo septica (Myxomycetes) by Lathridiid beetles. Mycotaxon 14(1): 58–60.
  5. (en) Healy RA, Huffman DR., Tiffany LH, Knaphaus G., Mushrooms and Other Fungi of the Midcontinental United States (Bur Oak Guide), Iowa City, University of Iowa Press, , 2e éd., 384 p., poche (ISBN 978-1-58729-627-7, LCCN 2007021244, lire en ligne), p. 340
  6. Mirko Svrček, J. Kubička, Le multiguide nature des champignons d'Europe, Elsevier Sequoia, , p. 64
  7. Santili J, Rockwell WJ, Collins RP. (1895). The significance of the spore of the Basidiomycetes (Mushrooms and their allies) in bronchial asthma and allergenic rhinitis. Annals of allergy 55: 469–471.
  8. Gianini EH, Northy WT, Leathers CR. (1975). The allergenic significance of certain fungi rarely reported as allergens. Annals of Allergy 35: 372–376.
  9. Setala A, Nuorteva P. (1989). High metal contents found in Fuligo septica L. Wiggers and some other slime molds (Myxomycetes). Karstenia 29(1): 37–44.
  10. (en) Zhulidov DA, Robarts RD, Zhulidov AV, Zhulidova OV, Markelov DA, Rusanov VA, Headley JV, « Zinc accumulation by the slime mold Fuligo septica (L.) Wiggers in the former Soviet Union and North Korea », J. Environ. Qual., vol. 31, no 3, , p. 1038–42 (PMID 12026071, lire en ligne, consulté le 8 décembre 2008)
  11. Latowski D, Lesiak A, Jarosz-Krzeminska E, Strzalka K. (2008). Fuligo septica, as a new model organism in studies on interaction between metal ions and living cells. Metal ions in Biology and Medicine and Medicine 10: 204–209
  12. Pereira EC, Cavalcanti LDH, Campos-Takaki GMD, Nascimento, Silene CD. (1992). Antibiotic and cytotoxic activities of crude extracts from Fuligo septica (L.) Wigg. and Tubifera microsperma (Berk. and Curt.) Martin (Myxomycetes). Revista de Ciencias Biomedicas 13(0): 23-32.
  13. (en) Rahman A., Studies in Natural Products Chemistry, Amsterdam, Elsevier, , 1re éd., relié (ISBN 978-0-444-51510-0, LCCN 88011188, lire en ligne), p. 237–38
  14. NCBI, consulté le 12 juin 2013

Liens externes

Références taxinomiques

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