Bataillon Donbass

Le bataillon Donbass (en ukrainien : Батальйон Донбас) est une formation militaire composée de volontaires ukrainiens fondée en avril 2014 en réaction au soulèvement pro-russe du printemps dans l'est du pays. Il est basé à Dnipro et formé sur la base du 24e bataillon de défense territoriale « Donbass » dépendant du ministère de la défense ukrainien et du commando spécial « Donbass » de la garde nationale d'Ukraine dépendant du ministère de l'intérieur ukrainien.

Bataillon Donbass
Батальйон « Донбас »

Insigne du bataillon Donbass

Création
Pays Ukraine
Branche Ministère de l’intérieur d’Ukraine
Type Groupe paramilitaire
Effectif 900[1]
Guerres Guerre du Donbass
Commandant Semion Semiontchenko

Depuis la fin des combats sur la ligne de front, la bataillon s'est en parti reconverti en groupe mercenaire et sert notamment les intérêts de l'oligarque Ihor Kolomoïsky[2].

Organisation

Création

Le commandant « Semiontchenko » donnant une interview, le 2 juin 2014.

Ce bataillon est formé par l'état-major ukrainien dans le cadre de l'« opération antiterroriste » lancée par le président par intérim Tourtchinov à partir du 7 avril 2014 contre les insurgés pro-russes.

Le 29 mai 2014, le commandant du bataillon accepte la proposition du ministre de l'intérieur Arsen Avakov de nommer le bataillon en « bataillon Donbass » et de le fusionner avec le bataillon spécial du même nom de la garde nationale d'Ukraine. Leur mission est de monter des opérations de contre-diversion, de renseignement, et d'assauts contre les insurgés ukrainiens pro-russes du Donbass, et de fermer la frontière avec la Russie. Ses hommes semblent être au nombre de 460[3]. À partir de juin 2014, le bataillon s'entraîne également dans une caserne des environs de Kiev.

Commandement

Il est commandé par Semion Semiontchenko, nom d'emprunt d'un ancien lieutenant-capitaine de la marine militaire ukrainienne, ayant pris sa retraite de l'armée il y a quinze ans pour devenir propriétaire d'un magasin de location de vidéos. Ethniquement russe, né à Donetsk, il ne se présente jamais à visage découvert, le visage toujours masqué. Il a fait partie du service d'ordre de l'Euromaïdan à Kiev. Il reçoit au début le soutien du gouverneur ukraino-israélien de l'oblast de Dniepropetrovsk, Igor Kolomoïsly, qui met à sa disposition un camp de pionniers pour l'entraînement de ses troupes de volontaires et des moyens financiers.

Combattants étrangers

Le bataillon a accueilli de 2014 à 2015 des combattants étrangers en son sein dont Mark Paslavsky, un Américain de 55 ans, officier américain diplômé de West Point et chef de guerre dans le bataillon Donbass qui combattait les pro-russes et a été abattu près de Donetsk, le 20 août 2014[4],[5] ainsi que Damien Lanvalier, ancien soldat français russophone ayant pris part entre autres au sein du bataillon aux batailles du siège d'Ilovaïsk et à la bataille de Debaltseve.

Actions

Le 15 mai 2014, le bataillon participe à un raid à Velikaïa Novossiolka, bourgade de plus de six mille habitants du sud de l'oblast de Donetsk afin de reprendre le siège de l'administration locale et de hisser le drapeau ukrainien qui avait été ôté un mois plus tôt. Le 21 mai, Semiontchenko annonce un ultimatum de vingt-quatre heures contre les insurgés s'étant rangés du côté de la république populaire de Donetsk, à la suite de quoi il affirme que le raïon de Volodarskoïe (une dizaine de villages et une trentaine de hameaux au sud de l'oblast de Donetsk) est repris par son bataillon.

Le 23 mai 2014, le bataillon tombe dans une embuscade du bataillon Vostok au village de Karlovka situé au milieu de l'oblast. Le combat dure pendant quatre heures et aboutit à la mort de cinq hommes du côté du bataillon Donbass et à vingt blessés, ainsi qu'à quelques prisonniers. Plus tard, il est fait état de la mort de onze hommes.

Le 4 juin 2014, le bataillon participe à une rencontre à Izioum sous l'égide du ministère de la défense, avec le bataillon « Azov », afin de coordonner ses actions futures dans le cadre de l'opération qualifiée d'« antiterroriste » par le gouvernement central de Kiev. Tourtchinov, Avakov participent également à la rencontre. Des engins blindés de l'usine Malychev de Kharkov sont mis à disposition. Semiontchenko déclare qu'avec ces engins « Dozor », il est en mesure de reprendre Donetsk[6].

Le bataillon Donbass a fait l'objet d'articles élogieux de journalistes étrangers venus le visiter, dont des journalistes néerlandais et danois et des journalistes des agences Reuters et Associated Press[7].

Le 24 décembre 2014, Amnesty International rapporte que des unités bloquent l'aide humanitaire destiné au population des zones contrôlées par les séparatistes. Selon Amnesty International, les bataillons Aidar, Donbass et Dnipro-1 ont bloqué le convoi d'aide humanitaire parce qu'ils « croyaient que la nourriture et les vêtements allaient finalement tombés entre de mauvaises mains et qu'il serait vendu au lieu d'être donné ». Denis Krivosheev, le directeur d'Amnesty International en Europe et Asie Centrale souligne qu'utiliser la faim contre les populations civiles est un crime de guerre[8].

Le bataillon a fait partie des forces armées qui ont repris la ville peu défendue de Marioupol, le 13 juin 2014, avec le bataillon Azov. À partir de la mi-août 2014, il essuie une série de défaites au cours de la contre-offensive des insurgés de la république populaire de Donetsk pendant la percée vers Marioupol et la mer d'Azov. Après la défaite du chaudron de Debaltsevo du 18 février 2015, le journal britannique The Independant précise que la retraite s'est faite « dans la panique » et que sur 400 hommes du bataillon, 10 % ont été tués et une dizaine ont été faits prisonniers. Le président Porochenko fait part quant à lui de seulement six tués au total[9].

Notes et références

Voir aussi

Liens externes

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