4p1000

Le 4p1000 est une initiative internationale[1] lancée lors de la COP21 en 2015, abritée par le CGIAR (Montpellier). Son but est de promouvoir la compréhension du cycle du carbone et du rôle important du compartiment sol dans le stockage du carbone[2] qui pourrait être utilisé comme levier pour atténuer les émissions de CO2 dans l’atmosphère.

La naissance du 4p1000

Elle a été annoncée publiquement par Stéphane Le Foll lors de la 3e conférence scientifique mondiale sur l’agriculture climato-intelligente. Il suffirait d'augmenter le stock de carbone du sol de manière infime (0,4%/an) pour compenser l’augmentation des émissions de CO2 dans l’atmosphère[3]. Cela peut être effectué en adoptant des pratiques agroécologiques et en réhabilitant les sols. La stratégie est présentée comme étant gagnante - gagnante puisqu’elle permettrait une meilleure résistance des sols aux changements climatiques et augmenterait leur fertilité, nécessaire à la sécurité alimentaire dans le monde.

Soutien au 4p1000

Plusieurs entités, organismes de recherche et financeurs proposent leur soutien à l’initiative 4p1000 :

Le calcul du 4p1000

Le chiffre du 4p1000 est calculé de la manière suivante[6]: l’augmentation annuelle d’émissions de CO2 due à la combustion d’énergie fossile est estimée à 8,9 Gt/an, tandis que le stock de carbone du sol sur les deux premiers mètres à 2400 Gt. Le ratio des deux (8,9 / 2400) permet d’obtenir la valeur arrondie de 0,4%, soit 4 pour mille. Ce stockage permettrait de compenser l’augmentation des émissions de carbone dans l’atmosphère et d’augmenter la productivité agricole.

Les critiques du 4p1000

Plusieurs critiques sont formulées à propos du calcul du 4p1000[7],[8]:

  • Le taux d’augmentation des émissions de carbone est sous-estimé, il semble ne pas prendre en compte les émissions générées par la déforestation mais seulement celles des combustions fossiles[9].
  • Le volume et la surface de sol concernés sont surestimés, les pratiques agricoles ne pouvant être appliquées que sur les terres agricoles et non sur tous les sols, et seulement à une profondeur de 30 cm[10].

De plus, le stockage de carbone dans le sol ne permettra pas d'atténuer les émissions de gaz à effet de serre d'origine anthropique car cela ne prend pas en compte les autres émissions de méthane ou de protoxyde d'azote[10]. Pour conserver l'équilibre stœchiométrique des sols, l'apport de carbone devra être compensé par l'apport d'azote et de phosphore. Et, enfin, l'apport de carbone frais dans le sol peut avoir pour effet de déstabiliser le carbone stable[11].

Références

  1. « Welcome to the"4 per 1000" Initiative | 4p1000 », sur www.4p1000.org (consulté le 15 octobre 2019)
  2. (en) H. H. Janzen, « Beyond carbon sequestration: soil as conduit of solar energy », European Journal of Soil Science, vol. 66, no 1, , p. 19–32 (ISSN 1365-2389, DOI 10.1111/ejss.12194, lire en ligne, consulté le 15 octobre 2019)
  3. Balesdent, « Usage des terres et stockage de carbone dans les sols du territoire français. Une estimation des flux nets annuels pour la période 1900-1999 », Acad.Agric,
  4. « Colloque international sur le carbone organique du sol | Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture », sur www.fao.org (consulté le 15 octobre 2019).
  5. « SoCa : le carbone des sols au service de l'agriculture familiale tropicale - BNP Paribas », BNP Paribas, (lire en ligne, consulté le 15 octobre 2019).
  6. Budiman Minasny, Brendan P. Malone, Alex B. McBratney et Denis A. Angers, « Soil carbon 4 per mille », Geoderma, vol. 292, , p. 59–86 (ISSN 0016-7061, DOI 10.1016/j.geoderma.2017.01.002, lire en ligne, consulté le 15 octobre 2019)
  7. William H Schlesinger, « Carbon sequestration in soils: some cautions amidst optimism », Agriculture, Ecosystems & Environment, vol. 82, no 1, , p. 121–127 (ISSN 0167-8809, DOI 10.1016/S0167-8809(00)00221-8, lire en ligne, consulté le 15 octobre 2019)
  8. (en) D. S. Powlson, A. P. Whitmore et K. W. T. Goulding, « Soil carbon sequestration to mitigate climate change: a critical re-examination to identify the true and the false », European Journal of Soil Science, vol. 62, no 1, , p. 42–55 (ISSN 1365-2389, DOI 10.1111/j.1365-2389.2010.01342.x, lire en ligne, consulté le 15 octobre 2019)
  9. (en-GB) Wim de Vries, « Soil carbon 4 per mille: a good initiative but let's manage not only the soil but also the expectations », Geoderma, vol. 309, , p. 111–112 (ISSN 0016-7061, DOI 10.1016/j.geoderma.2017.05.023, lire en ligne, consulté le 15 octobre 2019)
  10. A. J. VandenBygaart, « Comments on soil carbon 4 per mille by Minasny et al. 2017 », Geoderma, vol. 309, , p. 113–114 (ISSN 0016-7061, DOI 10.1016/j.geoderma.2017.05.024, lire en ligne, consulté le 15 octobre 2019)
  11. (en) H. H. Janzen, « Beyond carbon sequestration: soil as conduit of solar energy: Soil carbon and energy », European Journal of Soil Science, vol. 66, no 1, , p. 19–32 (DOI 10.1111/ejss.12194, lire en ligne, consulté le 15 octobre 2019)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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